Clitofon

Entre os diálogos atribuídos a Platão, o Clitófono ocupa uma posição especial: Sócrates não é o interlocutor principal, pois apenas inicia a discussão. Além disso, enquanto nos outros diálogos em que intervém, Sócrates é tratado de forma positiva e com respeito, aqui o seu ensinamento é fortemente criticado.

Em uma conversa que teve com o orador Lisias, Clitófono, um político conhecido em Atenas, estabeleceu um paralelo entre o comportamento de Sócrates e o do sofista Trasímaco, demonstrando sua preferência pelo último. Sócrates, informado do fato, pergunta a Clitophon as razões de tal julgamento, e Clitophon relata-lhe o conteúdo de sua conversa com Lisias.

Clitophon não critica globalmente o comportamento de Sócrates. Ele elogia suas exortações: Sócrates está certo em repreender os homens por não buscarem a virtude, que é a única coisa que beneficia suas almas, e por confiarem a direção de suas vidas a pessoas que não sabem o que fazer. Mas basta exortar? A que devemos nos referir para cultivar a virtude? À justiça, a resposta é unânime. Mas se perguntarmos em que consiste a justiça, as respostas divergem. Nenhuma delas é aceitável. E mesmo que, de forma mais sutil, definamos a justiça como aquilo que permite estabelecer a amizade na cidade com o objetivo de produzir um acordo entre os cidadãos, somos remetidos a outra questão: tal acordo envolve a ciência ou a opinião? É então que Sócrates dá sua opinião: a justiça consiste em prejudicar os inimigos e beneficiar os amigos (essa é a definição de justiça dada por Cefale, defendida posteriormente por seu filho Polemarco no primeiro livro da República). A discussão termina abruptamente: Clitófono pede a Sócrates que lhe transmita o conhecimento que possui; se Sócrates não o fizer porque não deseja transmitir seu conhecimento ou simplesmente porque não possui tal conhecimento, Clitófono se verá obrigado a procurar Trasímaco.

Desde Schleiermacher, a maioria dos comentadores considera Clitófono inautêntico. Mas uma minoria se opõe a esse julgamento, nomeadamente Simon Slings, que estabeleceu a nova edição da República publicada na coleção “Oxford Classical Texts”. Contra os argumentos a favor da autenticidade do diálogo (então lido como uma espécie de autocrítica), convém notar, além das incongruências de forma e conteúdo, que as críticas dirigidas a Sócrates no Clitophon já se encontram no primeiro livro da República.

1. Clitófono (409b-c) critica Sócrates por exortar à justiça sem dizer o que ela é e quais são seus benefícios (República I, 336d).

2. Clitófono (409d-e) não se contenta com uma definição de justiça que a torna um instrumento de amizade que produziria o acordo entre os cidadãos (República I, 351d).

3. Clitófono (410a-b) descreve um Sócrates que dá uma definição de justiça atribuída ao poeta Simonides e colocada na boca de Polemarco, filho de Cefale (República I, 332d-336a), e a combate.

Na verdade, as críticas feitas no Clitophon dirigem-se tanto à imagem de Sócrates dada por Xenofonte nos Memoráveis (IV, 2, 13 sq.) quanto àquela proposta por Platão. Portanto, o Clitophon deve ser considerado tanto um panfleto contra o Sócrates retratado por Xenofonte e Platão quanto uma paródia do primeiro livro da República. Assim, pode-se pensar que este pequeno texto foi publicado, no final da vida de Platão ou pouco depois de sua morte, por alguém que dava prioridade à eloquência e à ação política sobre a prática da filosofia, tal como representada por Sócrates. (Luc Brisson)

Victor Cousin

Clitophon (en grec ancien Kleitóphôn) est un dialogue d'authenticité douteuse attribué à Platon. Œuvre éthique sur l'exhortation, il est l'un des dialogues socratiques courts, bien que Socrate n'en soit pas l'interlocuteur principal et qu'il y soit critiqué ainsi que son enseignement (il n'y est pas traité avec le même respect que dans les autres dialogues de Platon).

Clitophon, ancien disciple de Socrate devenu politicien, a eu un entretien avec le rhéteur Lysias lors duquel il a établi un parallèle entre Socrate et Thrasymaque. Devant la préférence affichée pour Thrasymaque par Clitophon, Socrate demande à connaître les raisons de son jugement.

« Parmi les œuvres de Platon, c’est un écrit très court qui tranche avec le ton et l’allure des autres dialogues. Du reste, c’est à peine un dialogue. Socrate amorce le thème qui sera développé, puis disparaît de la scène. D’accusateur, prenant figure d’accusé, il assiste, muet, à son propre procès. Car, telle est l’étrangeté du morceau, contrairement aux autres ouvrages platoniciens, toujours respectueux du maître, et même généralement louangeurs : celui-ci est une véritable diatribe dirigée contre l’enseignement socratique. Quelques éloges viennent sans doute tempérer la critique, mais ces éloges eux-mêmes ne sont pas exempts d’ironie. Clitophon, dans une conversation avec Lysias l’orateur, a exprimé très librement son opinion sur Socrate, et mettant en parallèle la doctrine de ce dernier avec celle de Thrasymaque, il semble avoir donné la préférence au sophiste. Socrate demande raison à son détracteur et Clitophon, en toute franchise, rapporte son entretien. »

Interlocuteurs : SOCRATE, CLITOPHON

(406a) SOCRATE.

On m'a rapporté dernièrement que Clitophon, fils d'Aristonyme, dans un entretien avec Lysias, a blâmé les conversations philosophiques de Socrate et comblé d'éloges celles de Thrasymaque.

CLITOPHON.

On t'a mal rapporté, Socrate, ce qui a été dit sur ton compte avec Lysias. Car si je n'ai pu t'approuver sur certains points, sur d'autres je n'ai eu qu'à te louer. Mais comme je vois bien, malgré ton air d'indifférence, que tu es fâché contre moi, je serais bien aise, puisque nous sommes seuls, de te répéter ce que j'ai dit : tu verras que je ne suis point injuste à ton égard. Tu as sans doute été mal informé, et voilà pourquoi tu es si fort irrité. Mais si tu veux me laisser dire tout ce que je pense, je suis prêt à le faire, et je ne te cacherai rien.

(407a) SOCRATE.

J'aurais tort de m'opposer au désir que tu montres de me rendre service. Dès que tu m'auras découvert ce qu'il y a de bien et ce qu'il y a de mal en moi, je poursuivrai l'un, et j'éviterai l'autre de toutes mes forces.

CLITOPHON.

Prête-moi donc ton attention. Souvent, Socrate, quand je me suis trouvé avec toi, j'ai été saisi d'admiration en t'écoutant ; et il m'a semblé que tu parlais mieux que tous les autres lorsque, gourmandant les hommes, comme un dieu du haut d'une machine de théâtre, (407b) tu t'écriais : où courez-vous, mortels ? ne voyez-vous pas que vous ne faites rien de ce que vous devriez faire ? Le but de tous vos soins est d'amasser des richesses et de les transmettre à vos enfants, sans vous inquiéter rie l'usage qu'ils en feront. Vous ne songez pas à leur trouver des maîtres qui leur enseignent la justice, si elle peut s'enseigner, ou qui les y exercent et les y forment convenablement, si l'étude et l'exercice peuvent la donner. Vous ne vous gouvernez pas mieux vous-mêmes. Et quand après vous être instruits dans les lettres, (407c) la musique et la gymnastique, ce que vous croyez être la parfaite éducation pour devenir vertueux, vous voyez que ni vous ni vos enfants n'en êtes pas moins ignorants sur l'usage de vos richesses, comment n'êtes-vous pas scandalisés de cette éducation et ne cherchez-vous pas des maîtres qui fassent disparaître cette fâcheuse dissonance ? Car c'est à cause de ce désordre et de cette insouciance, et non parce qu'un pied tombe assez mal en mesure avec la lyre, qu'il y a défaut d'accord et d'harmonie entre les frères et les frères, les États et les États, (407d) et que, dans leurs divisions et leurs guerres, ils souffrent autant de maux qu'ils s'en font mutuellement. Vous prétendez que l'injustice est volontaire et qu'elle ne vient pas du manque de lumières et de l'ignorance, et cependant vous soutenez que l'injustice est honteuse et haïe des dieux. Quel est donc l'homme qui choisirait volontairement un tel mal ? Celui qui se laisse vaincre par les plaisirs, me répondez-vous. Mais si la victoire dépend de la volonté, la défaite n'est-elle pas toujours involontaire ? La raison nous force donc de convenir que de toutes manières l'injustice est involontaire, (407e) et que nous devons, chacun de nous en particulier, et toutes les républiques en général, nous montrer moins négligents que nous ne le sommes aujourd'hui.

Quand je t'entends parler ainsi, Socrate, je l'admire, je t'aime et je te loue. J'éprouve le même sentiment quand tu ajoutes que ceux qui cultivent avec soin leur corps et négligent leur âme ne font pas autre chose que négliger ce qui commande et soigner ce qui doit obéir ; quand tu dis que celui qui ne connaît pas l'usage d'une chose fait mieux de ne pas s'en servir ; que celui qui ne connaît pas l'usage des yeux, des oreilles et des autres parties du corps, fait mieux de ne pas regarder, de ne pas écouter, et de ne tirer aucun service de ses membres que de s'en servir au hasard. (408a) Pour les arts, c'est la même chose : celui qui ne sait pas se servir de sa lyre ne sait pas davantage se servir de celle de son voisin ; et celui qui ignore l'usage de la lyre des autres n'est pas plus habile sur la sienne. Il en faut dire autant des autres instruments et de toutes choses. Tu terminais enfin par cette belle pensée : celui qui ne sait pas se servir de son âme doit la laisser inactive et ne pas vivre plutôt que de vivre abandonné à lui-même ; ou si c'est une nécessité de vivre, il doit se soumettre à un autre (408b) plutôt que d'agir à sa fantaisie, et, comme un bon nautonier, confier la conduite de sa barque à celui qui est habile dans la science de gouverner les hommes, cette science que tu appelles souvent la politique, Socrate, et qui, selon toi, est la même que celle de juger, la justice.

Dans ces discours et tant d'autres par lesquels tu nous apprends que la vertu peut être enseignée, et que nous ne devons pas négliger l'étude (408c) de nous-mêmes, je n'ai jamais rien trouvé et sans doute je ne trouverai jamais rien à reprendre : je les crois bons pour nous exciter et très propres à nous faire sortir du sommeil qui nous tient engourdis. Je fis donc une grande attention, et dans le désir que j'avais d'en savoir davantage, j'interrogeai non pas toi d'abord, Socrate, mais tes compagnons d'âge et de pensée, tes disciples, tes amis, enfin, quel que soit le nom qu'on doive donner au lien qui les attache à toi. Je m'adressai d'abord à ceux que tu estimes le plus ; je leur demandai de quoi on parlerait ensuite, et (408d) imitant ta méthode : que faut-il penser, mes amis, leur dis-je, de cette exhortation de Socrate à la vertu ? Est-ce là tout ? Ne faut-il pas arriver à la pratique et mettre la main à l'œuvre ? Faut-il que toute la vie se passe pour nous à exhorter ceux qui ne l'ont point encore été, et pour ceux-ci à en exhorter d'autres à notre exemple ? Ou plutôt, puisque nous convenons tous (408e) que c'est un devoir pour nous que ces exhortations, ne faut-il pas demander à Socrate et nous demander à nous-mêmes : qu'y a-t-il après cela ? Par où commencerons-nous l'étude de la justice?

Si quelqu'un venait nous exhorter à prendre soin de notre corps, nous voyant insouciants comme des enfants de ces arts qu'on nomme la gymnastique et la médecine ; et s'il nous faisait un reproche de donner tous nos soins au blé, à l'orge, à la vigne, à toutes ces choses enfin que nous cultivons et que nous recherchons pour les besoins de notre corps, sans rechercher le moins du monde un art, un exercice pour fortifier notre corps même, et cela quand cet art existe ; si nous demandions à cet homme de quels arts (409a) il veut parler, sans doute il répondrait que c'est de la gymnastique et de la médecine. Mais quel est l'art pour former l'âme à la vertu ? Répondez. Cet art, me dit celui qui paraissait le plus fort, c'est celui que Socrate a souvent appelé devant toi la justice. Ce n'est pas le nom seulement que je te demande, lui dis-je. (409b) Ainsi la médecine est un art ; mais elle a un double objet : d'abord de former de nouveaux médecins par les soins de ceux qui le sont déjà, et puis de guérir. De ces deux choses, l'une ne peut pas être appelée l'art ; mais l'œuvre de l'art, soit qu'on l'enseigne, soit qu'on l'apprenne, c'est la santé.

Ainsi dans l'architecture, il y a deux choses : d'un côté l'architecture qui s'enseigne, et de l'autre son œuvre, c'est-à-dire la maison. Pour la justice, d'un côté elle forme des hommes justes, comme les arts dont nous venons de parler forment leurs artistes ; mais de l'autre côté (409c) quel est son ouvrage, dites-moi ? L'un, je crois, a répondu que c'est le profitable, l'autre ce qui convient, un troisième l'avantageux, un quatrième l'utile. Mais, leur répondis-je, on en dit autant dans les autres arts ; et quand quelque chose y est bien fait, on dit c'est utile, avantageux et le reste.

Mais chaque art particulier a un objet auquel s'appliquent ces manières de parler ; ainsi dans l'art du fabricant de meubles, ce qui est bien, ce qui est beau, ce qui convient, c'est, dira-t-on, de faire (409d) bien les meubles : ce n'est pas là seulement l'art, mais l'œuvre de l'art. Où trouverons-nous quelque chose d'analogue dans la justice ? Enfin, Socrate, un de tes amis, s'exprimant avec une élégance infinie, me répondit que l'œuvre propre de la justice, œuvre qu'elle ne partageait avec aucun autre art, c'est d'établir l'amitié entre les états. Je lui demandai ce que c'est que l'amitié : c'est un bien, me répondit-il, et ce ne peut jamais être un mal.

Quant à ce que nous appelons amitié chez les enfants et les animaux, il ne voulut pas lui donner ce nom quand je le questionnai sur ce point, parce qu'il tomba d'accord (409e) que ces amitiés étaient plus souvent nuisibles que bonnes ; et, pour éviter cette conséquence, il ne voulut pas les appeler amitiés : il réserva ce nom pour la communauté de pensée. Puis, lorsqu'on lui demanda si cette communauté se rapportait seulement à l'opinion ou à la science, il ne voulut pas entendre parler d'opinion ; car on lui aurait prouvé qu'il y a souvent parmi les hommes des communautés d'opinion fort mauvaises, et il avait avancé que l'amitié est toujours un bien, et l'œuvre de la justice : il dit donc que cette communauté de pensée vient de la science et non de l'opinion. Quand nous fumes arrivés à ce point de la discussion, (410a) tous les assistants s'élevèrent contre lui et lui crièrent que sa définition était aussi mauvaise que les premières. Car, lui dirent-ils, la médecine n'est qu'une communauté de pensée, les autres arts ne sont pas autre chose, mais ils peuvent dire quel est leur objet ; tandis que cette justice ou cette communauté de pensée dont tu nous parles ne sait où elle va et ignore l'œuvre qu'elle doit accomplir. Enfin, Socrate, je me suis adressé à toi-même et tu m'as dit que la justice consiste à servir ses amis (410b) et à nuire à ses ennemis. Mais plus tard tu as reconnu que le juste ne devait jamais nuire à personne, mais qu'il devait plutôt servir tout le monde.

Après avoir répété ma question non pas une fois ou deux seulement, mais très souvent, fatigué de mes vaines prières, j'ai pensé que tu étais l'homme du monde le mieux fait pour enflammer les autres de l'amour de la vertu ; mais de deux choses l'une : ou ton mérite va jusque-là et s'arrête là, ce qui peut arriver, même en d'autres arts ; par exemple pour l'art du pilote, il peut arriver qu'un homme, sans savoir diriger un vaisseau, s'avise de composer un éloge (410c) de cet art d'une manière très propre à nous y encourager ; et pour les autres arts, il en est de même. On pourrait donc t'accuser aussi de ne pas mieux connaître la justice, malgré tous les éloges que tu lui donnes ; je ne le pense pas ; mais cependant, je le répète, de deux choses l'une : ou tu ne sais pas ce que je te demande, ou tu ne veux pas me le communiquer. C'est pour cela que je crois devoir aller trouver Thrasymaque ou tout autre qui me satisfasse, à moins que tu ne mettes fin (410d) à tes éternelles exhortations. Si tu me faisais l'éloge de la gymnastique, en m'engageant à prendre soin de mon corps, après ces exhortations tu me dirais sans doute quel est mon tempérament et quelle espèce de soins il exige. Fais-en de même à présent. Suppose que Clitophon t'accorde qu'il est ridicule de s'occuper de tout le reste et de négliger l'âme (410e) pour laquelle nous prenons toutes ces peines ; suppose que je t'aie rapporté tout ce qui s'en suit et tout ce que nous venons de dire. Maintenant, je t'en conjure, réponds à ma question, pour que je ne sois plus forcé, comme je viens de le faire et comme je l'ai fait avec Lysias, de te louer sur certains points et de te blâmer sur d'autres. Car je répéterai toujours que pour celui qui n'a point encore été exhorté à la vertu, tu es le plus précieux des hommes ; mais pour celui qui l'est déjà, tu serais presque un obstacle à ce qu'il parvint au véritable but de la vertu, qui est le bonheur.

Benjamin Jowett

(406a) Socrates : It was told us recently by someone about Cleitophon, the son of Aristonymus, that in a conversation he had with Lysias he was finding fault with the instructions of Socrates and praising to the skies the lectures of Thrasymachus.

Cleitophon : That was a man, Socrates, who gave you a false report of the talk I had about you with Lysias. For I was really praising you for some things, though not for others. But since it is plain that you are reproaching me, though you pretend to be quite indifferent, I should be delighted to repeat to you myself what I said, now that we happen to be alone, so that you may be less inclined to suspect me of holding a poor opinion of you. For at present it seems that you have heard what is not true, with the result that you appear to be more vexed with me than I deserve. So if you give me leave to speak I shall avail myself of it most gladly, as I want to explain.

Socrates : Well, now, it would be indeed unhandsome of me not to put up with it (407a) when you are so anxious to do me a benefit. For obviously, when I have been taught my good points and my bad, I shall practice and pursue the one and eschew the other with all my might.

Cleitophon : Listen, then. When I was attending your lectures, Socrates, I was oftentimes amazed at what I heard, and you seemed to me to surpass all other men in the nobleness of your discourse, when you rebuked mankind and chanted these words like a God on the tragic stage :

(407b) “Whither haste ye, O men ? Yea, verily ye know not that ye are doing none of the things ye ought, seeing that ye spend your whole energy on wealth and the acquiring of it ; while as to your sons to whom ye will bequeath it, ye neglect to ensure that they shall understand how to use it justly, and ye find for them no teachers of justice, if so be that it is teachable — or if it be a matter of training and practice, instructors who can efficiently practice and train them — nor have ye even begun by reforming yourselves in this respect. Yet when ye perceive that ye yourselves and your children, though adequately instructed in letters and music and gymnastic — (407c) which ye, forsooth, regard as a complete education in virtue — are in consequence none the less vicious in respect of wealth, how is it that ye do not contemn this present mode of education nor search for teachers who will put an end to this your lack of culture ? Yet truly it is because of this dissonance and sloth, and not because of failure to keep in step with the lyre that brother with brother and city with city clash together without measure or harmony (407d) and are at strife, and in their warring perpetrate and suffer the uttermost horrors. But ye assert that the unjust are unjust not because of their lack of education and lack of knowledge but voluntarily, while on the other hand ye have the face to affirm that injustice is a foul thing, and hateful to Heaven. Then how, pray, could any man voluntarily choose an evil of such a kind ? Any man, you reply, who is mastered by his pleasures. But is not this condition also involuntary, if the act of mastering be voluntary ? Thus in every way the argument proves that unjust action is involuntary, and that every man privately (407e) and all the cities publicly ought to pay more attention than they do now to this matter.”

So then, Socrates, when I hear you constantly making these speeches I admire you immensely and praise you to the skies. So too when you state the next point in your argument, that those who train their bodies but neglect their souls are guilty of another action of the same sort — neglecting the part that should rule, and attending to that which should be ruled. Also when you declare that whatsoever object a man knows not how to make use of, it is better for him to refrain from making use thereof ; thus, suppose a man knows not how to use his eyes or his ears or the whole of his body, it is better for such a man not to hear nor to see nor to employ his body for any other use rather than to use it in any way whatsoever. (408a) So too, likewise, with respect to art : it is surely plain that a man who does not know how to use his own lyre does not know either how to use his neighbor’s, and that one who does not know how to use the lyre of others does not know how to use his own either, — nor yet any other instrument or chattel. Moreover, the conclusion of this argument of yours is a fine one, — how that for every man who knows not how to make use of his soul it is better to have his soul at rest and not to live, than to live acting according to his own caprice ; but if it is necessary for him to live, (408b) it is better after all for such an one to spend his life as a slave rather than a free man, handing over the rudder of his will, as it were of a ship, to another man who has learnt the art of steering men — which is the name that you, Socrates, frequently give to politics, when you declare that this very same art is that of judging and justice.

Against these arguments and others of a like kind, exceedingly numerous and couched in exceedingly noble language, showing that virtue can be taught and that a man should care above all else for himself, I have hardly uttered a word up till now, nor do I suppose that I ever shall utter a word against them (408c) in the future, for I regard them as most valuable admonitions and most useful, literally capable of waking us up, as it were, out of our slumber. So I gave my attention with a view to hear what was to follow next, although I did not at first question you yourself, Socrates, but some of your contemporaries and fellow-students or companions — or whatever name one ought to give to the relation in which they stand towards you. Of these I questioned first those who are specially held in regard by yourself, (408d) asking them what was your next argument, and propounding the matter to them somewhat after your own fashion : “I ask you, my very good Sirs, in what sense do we now accept the exhortation to virtue which Socrates has given us. Are we to regard it as all there is, and suppose it to be impossible to pursue the object further and grasp it fully ; and is this to be our lifelong task, just to exhort those who have not as yet been exhorted, and that they in turn should exhort others ? Or, when we have agreed that this is exactly what a man should do, ought we to ask Socrates, and one another, (408e) the further question — ”What is the next step ?” What do we say is the way in which we ought to begin the study of justice ? Just as if a man were exhorting us to devote care to our bodies, observing that we like children had as yet no notion of the existence of the arts of gymnastics and medicine ; and were then to reproach us and say that it is disgraceful to spend all one’s care on wheat and barley and vines and all the goods which we labor to acquire for the sake of the body, and yet make no effort to discover some art or device for securing that the body itself shall be in the best possible condition — and that in spite of the fact that such an art exists. Suppose then that we had put to the man who was thus exhorting us this further question — (409a) “What arts do you say these are ?” His answer, no doubt, would be — “Gymnastics and medicine.” So now, in the case before us, what do we say is the art which deals with the virtue of the soul ? Let it be stated.”

Then he who was reputed to be their most powerful exponent of these matters answered me and said that this art is precisely that which, said he, you hear Socrates describing, — nothing else than justice. I then replied — “Do not explain to me merely its name, but like this : — There is an art called medicine ; and of this the effects are two-fold, the one being (409b) to produce constantly new doctors in addition to those already existing, and the other to produce health. And of these the latter result is no longer in itself an art but an effect of that art which both teaches and is taught, which effect we term ‘health’. So likewise the operations of the joiner’s art are a house and joinery, of which the one is an effect, the other a doctrine. In like manner let it be granted that the one effect of justice is to produce just men, as of the other arts their several artists ; but as to the other, the operation which the just man is capable of performing for us, what do we say that is ? Tell us.” (409c) The reply of your exponent was, I think, “The beneficial” ; while another said “The right” ; a third “The useful” ; and yet another “The profitable.” So I resumed my inquiry and said : “In the former case also we find these names in each one of the arts — doing ‘the right’, ‘the profitable’, ‘the useful’, and the rest of such terms ; but as regards the object at which all these operations aim, each art will declare that which is peculiar to itself ; for example, the art of joinery will assert that the result of good, beautiful, and right action is the production of wooden vessels, which in themselves are not an art. So let the operation of justice (409d) be stated in the same way.”

Finally, Socrates, one of your companions, who was reputed to be a most accomplished speaker, made answer that the peculiar effect of justice, which was effected by no other art, was to produce friendship in States. And he, in turn, when questioned declared that friendship is a good thing and never an evil ; while as to the friendships of children and those of wild beasts, which we call by this name, he refused to admit — when questioned upon the point — that they were friendships ; since, as a result of the argument, he was forced to say that such relations were for the most part harmful (409e) rather than good. So to avoid such an admission he denied that such relations were friendships at all, and said that those who give them this name name them falsely ; and real and true friendship, he said, is most exactly described as “unanimity.” And when asked about “unanimity,” whether he declared it to be unity of opinion or “knowledge,” he rejected the expression “unity of opinion,” for of necessity many cases of “unity of opinion” occurred amongst men that were harmful, whereas he had agreed that friendship was wholly a good thing and an effect of justice ; consequently he affirmed that unanimity was the same, and was not opinion, but knowledge.

Now when we were at this point in the argument and at our wits’ end, (410a) the bystanders were ready to fall upon the man and to cry that the argument had circled round to the same point as at first ; and they declared that : “Medicine also is a kind of ‘unanimity’, as are all the arts, and they are able to explain what it is they deal with ; but as for the ‘justice’ or ‘unanimity’ which you talk of, it has no comprehension of what its own aim is, and what the effect of it is remains quite obscure.”

Finally, Socrates, I put these questions to you yourself also, and you told me that it belonged to justice (410b) to injure one’s enemies and to do well to one’s friends. But later on it appeared that the just man never injures anyone, for in all his acts he aims at benefiting all. So after repeated questionings — not once only or twice but spending quite a long time at it — I gave it up, concluding that though you were better than any man at the task of exhorting men to devote themselves to virtue, yet of these two alternatives one must be true : either you are capable of effecting thus much only and nothing more, — a thing which might happen also in respect of any other art whatsoever, as for example a man who was no steersman might practice composing an eulogy of that art (410c) as one of high value to mankind, and so too with all the other arts ; so against you too one might perhaps bring the same charge in regard to justice, that you are none the more an expert about justice because you eulogize it finely. Not that this is the complaint I make myself ; but it must be one or other of these two alternatives, — either you do not possess the knowledge or else you refuse to let me share it.

Consequently, methinks I will betake myself, in my perplexity, to Thrasymachus and to everyone else I can. However, if you are really willing (410d) to refrain at last from addressing to me these hortatory discourses, and just as you would have followed up the hortatory discourse, suppose you had been exhorting me in respect of gymnastics that I should not neglect my body, by explaining the nature of the body and the nature of the treatment it requires — so let the same course be followed in the present case. Assume that Cleitophon agrees that it is ridiculous to expend care on everything else and to neglect the soul, for the sake of which all the other labour is incurred ; (410e) and suppose also that I have made all the other subsequent statements which I rehearsed just now. And I entreat you, as I speak, by no means to act otherwise, lest I should do, as I do now, praise you in part to Lysias and to the others, and also in part blame you. For I shall maintain, Socrates, that while you are of untold value to a man who has not been exhorted, to him who has been exhorted you are almost an actual hindrance in the way of his attaining the goal of virtue and becoming a happy man.